• Afrique   -   Amir El Presidente met-il fin à sa carrière ?
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    Nov 2019
    Posté par Ariel Mitag   -   dans Afrique   -   Aucun commentaires

    D’ici la fin de l’année, si tout va bien et que rien ne change, Amir El Presidente devrait dévoiler le projet qu’il annonce depuis des années. Un album dont l’enjeu voyage entre le commercial et le besoin de son auteur de se réaffirmer et de se reconstruire.

    Se reconstruire. Voilà le tapis rouge qui sert à la trame qui se peaufine sous nos yeux. Une trame qui commence avec « Ma vérité »

    Qu’il serait naïf de croire que « Ma vérité » ne constitue qu’un plan de stratégie marketing élaboré de toutes pièces ! Au-delà du merchandising qu’il propose, il y a matière à réfléchir.

    Quand ça marchait

    Plongez votre regard dans les archives de la musique, que voyez-vous ? Quel que soit ce que vous repérez, impossible de contourner le massif Amir – Anouar. C’est vrai qu’à l’époque, ils n’avaient pas encore pris de poids. Ils pesaient quoi ? Moins de 30 kg par personne ? Mais ils n’en étaient pas moins imposants. En effet, le groupe Diamant Noir intègre le peloton de tête pour ce qui est d’avoir réussir à imposer cette « musique de délinquant » au pays.

    Le titre de précurseur, Diamant Noir a su le conserver longtemps. Mais accomplir cet exploit ne s’est pas réalisé sans heurt, sans obstacle. « J’ai tout fait pour séduire [la musique] » confie Amir El Presidente. Puis cette volonté, nourrie par la passion, les émotions et le besoin de croître quitte à booster ses limites, finit finalement par prendre le dessus.

    Coup de foudre : ça prend. Du duo, Diamant Noir passe au trio avec la musique pour troisième partenaire. Jusque-là tout va bien.

    Quand tout à coup…

    … tout a commencé à rouiller. Difficile de produire de la musique et de se faire écouter sans s’adapter au temps. C’est du moins que ce Diamant Noir a pensé. Courant 2011-13, les temps changent. Des courants déferlent et font vaciller des carrières. Le seul moyen pour survivre : faire un compromis avec son éthique musical. Par exemple, il faut passer du rap au Azonto. Amir El Presidente dit n’avoir pas échappé à la règle. Il fallait trouver un moyen de s’adapter à la musique qui marchait, qui passait sur Trace. Et c’est là que ça bascule. Il affirme avoir connu des périodes sombres. La relation musique – vie privé – vie professionnelle traverse des tempêtes qui tendent à la noyer. Le début de la fin.

    Et il renaît

    Après une léthargie musicale de plusieurs années qui se solde par le départ de Anouar, Amir El Presidente fait un come-back. Sauf que cette fois, il se trouve sur une pente plus ou moins délicate : dompter la musique ou se faire dompter.

    Sa réponse ? « Elle m’aimera pour qui je suis ou bien ça ne marchera pas entre nous. […] Je vais toujours donner le meilleur de moi-même […] » Bon à savoir, Amir n’abandonne pas la musique. En tout cas, il ne lâche pas l’affaire.

    Cependant, à l’en croire, les choses ne se passeront plus comme avant. « Elle sera selon mes propres règles », dit-il. Au final, il ne ferait plus de la musique pour vendre ou pour se rendre populaire avec tous les avantages que cela comporte, mais il le fera plutôt par pur plaisir.

    Qu’en déduire ? Que si Amir El Presidente sort son album le 21 décembre prochain, ce n’est pas à priori parce qu’on le lui demande, mais parce qu’il le veut. Toutefois, le revers reste aussi possible.

    Si après cet album, Amir se taire dans le silence, ce sera aussi parce qu’il l’aura voulu. Au final, cette phrase sert d’avertissement un peu comme pour dire « Les gars, ne me gênez plus après ça. Je sors mes sons quand je veux et comme je veux » Par conséquent, cet opus pourrait bien être le dernier. D’ailleurs le titre du projet résonne comme une fin…

    Dernier mandat et après ?

    ‘’Dernier mandat’’. C’est par ces mots que Amir El Presidente désigne son prochain projet. Or, quand parle-t-on de dernier mandat qu’est-ce à dire ? Prenons un exemple. Une autorité acquiert les rennes du pouvoir. Il annonce le relâcher plus tard, dans 5 ans. Ce qui suppose qu’après ces 5 années, il n’exercera plus. Autrement dit, il se retire de la scène politique.

    Voilà qui soulève des questions. En parlant de ‘’Dernier mandat’’, le président serait-il pas en train d’évoquer la fin de sa carrière ? Ne sentirait-il pas la fin se dessiner à l’horizon ? Probablement, oui. Ne dit-il pas lui-même que sa musique se fera selon ses propres règles ? Et si ses règles stipulaient qu’il ne fasse plus de sorties après cet album ?

    Finalement, même si ‘’Dernier mandat’’ scelle le début de sa carrière solo, il pourrait aussi désigner la fin de cette carrière… Et pourtant, Amir El Presidente disait dans ‘’C’est déjà fait’’ : « Si on vous laisse, dans deux ans, il n’y aura même plus de Rap au Bénin. »

    Au moins une chose reste certaine : on sait maintenant quand sort le projet.



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