Afrique   -   Djamile Mama Gao - Le féministe défenseur de la cause des albinos
11
Mar 2020
Posté par Ariel Mittag   -   dans Afrique   -   Aucun commentaires

Ce qui différencie un artiste des autres, ce n'est pas seulement sa visibilité, mais aussi sa vision artistique. Et osons le dire, Djamile Mama Gao est l'un de ces artistes qui ne cesse de se bâtir sur le temps et avec endurance ; patiemment et au gré de ses atouts ou de ses multiples capacités. En tant qu'artiste indépendant et en plein développement, c'est donc là, un avantage dont il dispose car, son élan de positionnement, et ses choix d'engagement lui garantissent une crédibilité grandissante.

D'ailleurs, en dépit d'être pour le moment suffisamment exposé à l'intérieur du Bénin (son album avec), il continue de se positionner dans la sous-région et à l'international. Ce qui prouve qu’il se projette plus loin que quiconque ne saurait l'envisager.

Et pour arriver à ses fins, il participe à des tournées d’envergure (Belgique, Afrique de l’ouest) mais mieux, il aborde des sujets d’impact qui lui confère une dimension transcendante. Voici donc deux raisons, deux choix d’engagement pour lesquelles la carrière et la personnalité même de Djamile Mama Gao accrochent et interpellent.

Ce féministe engagé pour la cause féminine
Le travail esthétique sur son androgynie, autant dans le look que dans l’orientation capillaire, est le premier antécédent qui permet de cerner la densité de l’engagement de Djamile Mama Gao par rapport aux préoccupations de genre. En cela, il est logique que lui qui défend l’équilibre en soi-même, se sente concerné par des préoccupations du même type dans nos sociétés. Et là encore, le slameur béninois prône la quête de l’équilibre et du respect mutuel. D’après lui : « on ne peut pas assumer ses parts divines, en cherchant à brimer, à abuser de la femme et de ses droits. ». Et d’ajouter : « l’arnaque intellectuelle, sociale, culturelle, idéologique et religieuse qui consiste à faire croire que la femme ne devrait pas aspirer à la grandeur qui la caractérise, est une invention humaine, masculine, et une offense grotesque à l’égard de la nature ». Ce qui permet de situer sa posture et de comprendre à quel point ce combat en faveur de la femme le préoccupe, le caractérise profondément. Djamile Mama Gao, est donc très engagé dans la lutte pour l'égalité des droits, des chances, des conditions, des opportunités et pour l’équilibre des genres. Il retient notamment l'attention, accroche, séduit, avec la profondeur, mais aussi la douceur de ses textes. Sans pour autant se départir de la fermeté, voire le ton de radicalité qui le définit sur nombre de sujets.

N’empêche que les termes qu’il emploie, résonnent dans les oreilles, s'incrustent dans les tympans et s'immortalisent dans les esprits. Car les allusions sont subtiles, les jeux de mots sont saisissants, et la fluidité du propos est évidente. On comprend que pour une cause aussi importante, le slameur Djamile Mama Gao préfère s’orienter vers un travail limpide afin que le fondamental de ce qu’il déclame puisse se percevoir. Afin que le public se souvienne encore et encore de chacune de ses paroles, qu'importe la dimension dans laquelle il les inscrit.

On en veut pour preuve l'écriture du texte « Elle vaut de l'art » qu'il présenta lors de son passage sur la chaîne BX1 à Bruxelles. « Elle vaut de l'art parce qu'elle est forte avant d'être belle. Elle vaut de l'art parce qu'elle sait que son rôle ne tourne pas qu'autour des casseroles. Elle vaut de l'art parce qu'elle est prête à s'assumer pour s'assurer jusqu'à la sueur sinueuse de son suaire le droit d'être heureuse », déclame-t-il pour signifier la valeur qu’il accorde à la femme au-delà des préjugés et des clichés.

Et alors qu’on aurait pu prétendre qu’il s’agit d’une démarche totalement contemporaine, Djamile Mama Gao rectifie finement au micro de Fabrice Grosfilley : « C’est représentatif de mon africanité parce que nos cultures ont toujours représenté cette liberté de la femme de se ressembler suffisamment. »

Toute chose qui certifie que quel que soit le caractère d’engagement auquel il s’adonne, le slameur cherche à le nuancer en fonction de ses origines, de son ancrage culturel, à partir du regard africain. C’est justement en tenant compte de cela, qu’il entend produire un EP (mini-album) de quatre titres baptisé "Elle vaut de l’art". Œuvre à travers laquelle, l’artiste va davantage étayer sa logique de la défense de la femme, par rapport à sa place dans nos sociétés, à son intimité, et aux agissements qu’il conviendrait pour tous d’avoir à son égard. ?

Djamile Mama Gao, l’ambassadeur de la cause pour les albinos
Il semble que l’un des socles de création du slameur béninois et africain Djamile Mama Gao ; c’est la déconstruction des préjugés et des stéréotypes. Parce que d’un combat à un autre, son intention de légitimation, de considération, de déférence, reste constant voire s’accroît. Et depuis bientôt sept ans, il s’intéresse à la situation concernant les personnes vivants avec l’albinisme en Afrique. En effet, c’est en 2013, qu’est né le déclic alors que l’artiste venait de découvrir l’état des lieux concernant les albinos dans la région des grands lacs. Il s’est alors promis après avoir écrit un poème, d’en faire l’une de ses préoccupations majeures en tant qu’artiste. Dès lors, il ne cesse de s’investir à la mise en place et la mise en œuvre de son projet nommé "Je suis Albinos". Un projet pluridisciplinaire qui cherche à favoriser l'acceptation voire la normalisation absolue des albinos dans le mental des populations africaines.

Après de nombreuses rencontres, discussions, débats, actions symboliques sur le terrain, Djamile Mama Gao a choisi d’étoffer son processus en la matière. D’abord en créant une chanson qui pourrait faire office d’hymne en faveur de la cause. Car c’est une chanson dont la construction est rassembleuse, mais c’est aussi une chanson à la fois sensible, pédagogique, empathique et à vibrations pleines de positivité.
Ce qui clairement positionne le slameur Djamile Mama Gao, comme un ambassadeur lucide, judicieux, sincère et crédible de la cause en faveur des personnes vivant avec l’albinisme. Car son argumentaire comme ses démarches dans ce sens, sont totalement élaborés, désintéressés, novatrices et cherchent à se projeter vers l’avenir.
Il n’y a qu’à voir les prémices de la campagne de sensibilisation rendus public depuis juin 2019 avec des images disponibles sur le site prévu à cette effet www.jesuisalbinos.com, pour se rassurer de sa teneur.
De plus, il faut préciser que lors de sa tournée en Belgique en février 2020, Djamile Mama Gao a commencé la réalisation du clip vidéo du titre "Je suis Albinos", extrait de son album "Na Yi Noukon".

D’après nos sources, le second volet de ce clip sera réalisé au Bénin, et servira de point de départ de l’EP de quatre titres entièrement consacré à la cause des personnes vivant avec l’albinisme que le slameur serait en train de préparer. Quand on sait que chaque 13 juin de l’année est consacrée à cette cause, peut-on penser que Djamile Mama Gao envisagerait dès à présent comment étoffer incessamment sa discographie ?

Pourquoi pas déjà, un après "Na Yi Noukon" ?
L’un des reproches indéniables qu’on pourrait adresser à Djamile Mama Gao, c’est la promotion approximative qui a été faite de son premier album "Na Yi Noukon". Un album qui avait pourtant les atouts nécessaires pour le sortir du lot.
Et même si l’artiste prétend avoir tout chamboulé au nom de sa nouvelle paternité, on pourrait penser que stratégiquement, il aurait aussi dû anticiper, en reportant la sortie de l’album dans la période où elle a été faite.
Cela dit, il est rassurant de constater qu’en plus de multiplier des expériences scéniques de haut niveau qui enrichissent son back-ground, le slameur élabore déjà des projets musicaux qui vont servir de continuité à son premier album.

D’autant plus que de notre point de vue, Djamile Mama Gao est en mesure d’utiliser «"Na Yi Noukon" comme étant une boite de pandore, dans laquelle il peut puiser pour faire des prolongements stratégiques et fructueux pour sa carrière. Plus précisément, nous l’imaginons bien utiliser les différents titres clés de son premier album comme étant des prétextes pour développer plusieurs mini-albums élaborés par esprit thématique, par sensibilité musicale, par orientation esthétique. Quitte à utiliser les autres titres restants de l’album comme le font la plupart des artistes de nos jours : comme des singles qui sortent régulièrement au fil des mois, et des années à venir. D’autant que l’avantage de ce premier album, c’est qu’il a été conçu pour être le plus intemporel possible.

Alors, si l’envie de Djamile Mama Gao est de continuer à marquer les esprits, il faudra qu’il s’accorde le droit de « yi noukon » (d’avancer) tel qu’il aime le clamer, en osant de la nouveauté sonore, tout en maximisant à présent au niveau de la communication du mieux que possible. C’est peut-être à partir de là que son éclosion se fera véritablement !?

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